Kinshasa, ville sinistrée : cri de détresse d’ACAJ

1118 21

La capitale congolaise, autrefois célébrée sous le surnom de « Kin la belle », semble avoir perdu tout son éclat. Avec plus de dix-huit millions d’habitants et une urbanisation galopante, la métropole étouffe sous le poids de l’insalubrité, de la congestion routière et d’un manque criant de gouvernance urbaine. À en croire l’Action congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), la situation a atteint un niveau alarmant qui nécessite une action urgente des autorités.

Dans un communiqué publié le 24 novembre 2025, l’ONG tire la sonnette d’alarme : «Kinshasa est devenue une ville sinistrée. Les autorités doivent assumer leurs responsabilités pour éviter une catastrophe sociale et sanitaire. »

Une ville abandonnée à elle-même

Des montagnes d’immondices qui s’entassent dans les quartiers populaires aux avenues principales complètement dégradées, Kinshasa donne l’impression d’une capitale à la dérive. Les kinois, eux, n’ont d’autre choix que de subir. « Vivre à Kinshasa est devenu une corvée », déplore un habitant du district de la Tshangu, où les inondations et les érosions sont devenues monnaie courante.

Si l’Hôtel de ville est légalement chargé de l’assainissement urbain, et le Gouvernement central responsable de la planification nationale, aucun des deux niveaux de pouvoir ne semble disposer, ou vouloir déployer, la stratégie nécessaire pour remettre la capitale sur les rails.

Contrôle technique… sans routes

L’ACAJ pointe également du doigt un paradoxe que vivent quotidiennement les automobilistes : l’acharnement administratif pour imposer le contrôle technique des véhicules et délivrer des permis de conduire, alors que le réseau routier est dans un état déplorable. «Comment exiger la conformité des véhicules dans une ville où les routes elles-mêmes ne sont plus conformes ? », questionne l’ONG.

Embouteillages interminables, chaussées éventrées, absence de signalisation, transports en commun informels… Kinshasa est devenue un piège urbain où circuler tient du parcours du combattant.

Face à ce tableau sombre, l’ACAJ appelle les autorités urbaines et nationales à dépasser les discours pour passer aux actes. L’ONG recommande un plan d’urgence impliquant : la réhabilitation progressive des infrastructures routières; une politique d’assainissement crédible et durable; une coordination claire entre Hôtel de ville et Gouvernement central; la responsabilisation des gestionnaires publics impliqués dans l’entretien de la ville.

Pour l’ACAJ, laisser Kinshasa sombrer davantage serait « compromettre la vie de millions de citoyens et hypothéquer l’avenir de la capitale ».

L’espoir encore possible ?

Malgré le sombre tableau, de nombreux observateurs estiment qu’un redressement reste envisageable, à condition qu’un leadership déterminé prenne enfin les rênes. «Kin la belle » peut renaître, affirment-ils, mais seulement si la volonté politique rejoint les besoins pressants d’une population à bout de souffle.

Pour l’heure, le cri d’alarme lancé par l’ACAJ résonne comme un avertissement : Kinshasa n’est plus seulement une ville en difficulté. C’est une capitale sinistrée qui réclame, plus que jamais, un sursaut national.

Econews

Related Post

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Verified by MonsterInsights